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Bore-out : comprendre la souffrance liée au manque d’activité au travail

Le bore-out au travail est moins connu que le burn-out, mais il peut être tout aussi douloureux. Il ne naît pas d’un excès de travail, mais de son manque : des journées sans missions claires, des compétences inutilisées, un sentiment d’inutilité qui s’installe.

Parce qu’il est difficile d’avouer que l’on s’ennuie au travail, cette souffrance reste souvent silencieuse. Elle mérite pourtant d’être prise au sérieux par les employeurs.

Bore-out : définition

Dans un article publié en 2016, l’INRS décrit le bore-out comme un décalage chronique entre le temps de présence au travail et un volume d’activité faible. Ce n’est pas une catégorie médicale ni juridique reconnue en tant que telle, mais une situation de travail qui expose à des risques psychosociaux.

Il ne s’agit pas d’un simple ennui passager. Le bore-out s’installe dans la durée et combine souvent plusieurs éléments : sous-charge de travail, tâches sans intérêt ou sans rapport avec les compétences, absence de perspectives.

Les signes qui doivent alerter

La personne concernée peut :

  • donner l’impression d’être occupée tout en ayant peu à faire, et développer des stratégies pour le cacher ;
  • ressentir de la honte ou de la culpabilité, et s’isoler ;
  • perdre confiance en ses compétences ;
  • manifester de la fatigue, de l’irritabilité, une démotivation croissante.

Côté organisation, un service dont les missions ont été vidées de leur contenu, des postes « en attente » après une réorganisation ou des demandes de mobilité répétées sont des indices à prendre en compte.

D’où vient le bore-out ?

Le bore-out est rarement lié à la personne. L’INRS souligne le rôle des réorganisations successives, qui laissent parfois des services entiers sans missions clairement définies. D’autres facteurs y contribuent :

  • des rôles flous ou redondants après une fusion ou un changement d’outil ;
  • une répartition inégale du travail dans une équipe ;
  • des compétences mal utilisées, faute d’entretiens ou de gestion des parcours ;
  • et, dans certains cas, une mise à l’écart volontaire.

Bore-out et harcèlement moral : ce que dit la jurisprudence

La privation durable de travail peut avoir des conséquences juridiques. Le 2 juin 2020, la cour d’appel de Paris a reconnu un harcèlement moral chez un salarié privé de missions correspondant à sa qualification et cantonné à des tâches sans rapport avec son poste. Le licenciement qui avait suivi a été jugé nul.

Le bore-out n’y est pas une catégorie juridique à part : c’est la dégradation des conditions de travail qui fonde la décision. Pour l’employeur, le message est clair : la sous-charge fait partie des risques à évaluer, au même titre que la surcharge.

Prévenir le bore-out au travail

  1. L’intégrer à l’évaluation des risques : la sous-charge et le manque de sens ont leur place dans le volet RPS du DUERP.
  2. Clarifier les missions après chaque réorganisation : qui fait quoi, avec quels objectifs.
  3. Répartir équitablement le travail et rester attentif aux postes qui se vident.
  4. Valoriser les compétences : entretiens réguliers, projets transversaux, formation, mobilité.
  5. Former les managers à repérer ces situations, qui passent plus facilement inaperçues que la surcharge.

Comment Navia Équilibre peut vous accompagner

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Ces repères sont donnés à titre d’information. Pour une situation individuelle, rapprochez-vous de votre service de prévention et de santé au travail ou d’un conseil juridique.

Sources